Installation & personnalisation d'ArchLinux
Ce tutoriel a pour but de configurer correctement puis d'installer le système ArchLinux sur une machine à l'aide d'ArchLinux live depuis un CD ou une clé USB.
Création du support bootable et démarrage
Télécharger ArchLinux depuis le site officiel de la communauté Française : Télécharger l'image ISO .
Utiliser le logiciel Rufus pour créer une clé ou un disque dur USB bootable, ou graver l'ISO sur une disque optique.
Démarrer le pc sur lequel vous souhaitez installer ArchLinux, sur le support bootable le contenant. Dès qu'ArchLinux est chargé, vous pouvez utiliser les commandes linux standard avec tous les privilèges.
Configuration du clavier
Pour afficher toutes les configurations possibles du clavier :
localectl list-keymaps
Pour passer le clavier en Français :
loadkeys fr-pc
Configuration du réseau pour l'installation
Afin d'installer le noyau linux et les paquets essentiels, ArchLinux a besoin d'accèder aux dépôts sur Internet.
Tout d'abord, récupérer les paramètres réseau via DHCP sur l'interface enp0s3 (utiliser ip link pour afficher les cartes réseau detectées) :
dhcpcd enp0s3
Si n'y a pas de serveur DHCP sur le réseau, configurer les paramètres IP statiques en créant un nouveau profil réseau avec Netctl (reprendre une configuration pré-faite dans /etc/netctl/examples et la sauvegarder dans /etc/netctl/). ⇒ Voir ce tutoriel pour la configuration IP sous ArchLinux
Vérifier la configuration IP du système :
ip a
ou avec Net-tools (souvent installé par défaut) :
ifconfig
Pour changer le nom de la machine (au cas où) :
hostnamectl set-hostname archtest.local
ou modifier le fichier /etc/hostname
Attention, les paramètres réseaux configurés ici ne sont valables que pour la version live d'ArchLinux, c'est à dire le temps de la préparation et de l'installation du système. Lorsqu'ArchLinux sera installé, il faudra les reconfigurer.
Configuration de la date et de l'heure du système
Vérifier la date et l'heure du système :
timedatectl
Plusieurs dates et heures vont alors s'afficher, s'assurer que Local time soit bien réglé, sinon voir plus bas. Universal time correspond à l'heure UTC/GMT et RTC Time à l'heure configurée dans le BIOS de la machine, mais ne sont pas importants.
Pour récupérer la date et l'heure automatiquement via le réseau :
timedatectl set-ntp true
Si ça ne fonctionne pas, séléctionner manuellement le fuseau horaire à utiliser :
timedatectl set-timezone Europe/Paris
Afficher les fuseaux horaires disponibles :
timedatectl list-timezones
Ou alors régler la date et l'heure précise manuellement (met aussi à l'heure le BIOS) :
timedatectl set-time '2020-06-18 11:11:01'
Partitionnement
Pour faire fonctionner ArchLinux correctement, il faut au moins 2 partitions :
- Swap (pour le fichier d'échange), d'au moins le double de la capcité de la mémoire vive (si 4Go de ram alors prévoir une partition de swap de 8Go).
- / (partition racine, pour le système, les applications, et les fichiers utilisateur)
- efi (uniquement lorsque le système est démarré avec un firmware UEFI avec des tables de partition GPT)
Il est recommandé de faire une 3e partition dédiée au répertoire /home afin de séparer les fichiers systèmes des fichiers utilisateur (pas obligatoire).
Ouvrir l'utilitaire de partitionnement fdisk en précisant le disque dur que l'on souhaite partitionner :
fdisk /dev/sda
Pour rappel, lister les disques comme ceci :
fdisk -l
Une fois dans fdisk, afficher les partitions existantes avec p en validant avec ENTREE (au cas où le disque serait déja partitionné), et créer une nouvelle partition avec n :
Après avoir appuyé sur n, choisir le type de partition primaire en appuyant sur p, choisir un numéro de partition, ainsi que la taille de la partition (First et Last Sectors) :
Pour dimensionner une partition à la taille désirée, il suffit de préciser la valeur Last Sector en ajoutant + devant ainsi que l'unité derrière (M pour mégaoctects, G pour Gigaoctets et T pour terraoctets). Par exemple créer une partition de 10 Go on mettra +10G comme valeur.
Faire de même pour chaque partition. On peut voir ici mes deux partitions, l'une pour le swap (/dev/sda1) de 4,8Go, l'autre pour le système (/dev/sda2) de 5,2Go :
Ensuite, il faut sélectionner le type de chaque partition. Lister les différents types disponibles avec la commande l.
Pour modifier le type de partition, utiliser la commande t. Puis choisir le numéro de partition à typer, et le code correspondant au type voulu.
Par exemple, pour la partition de swap, je choisis la partition 1, et le type 82, c'est à “Linux Swap / Solaris”, qui est adapté pour les partitions de swap :
Et pour la partition système, je met le type 83, “Linux” :
Enfin utiliser la commande w pour appliquer les réglages :
Pour créer partition de swap plus rapidement on peut aussi utiliser la commande mkswap ⇒ Manuel de la commande mkswap.
Pour finir, formatter les partitions créées, avec le système de fichier EXT4 pour les partitions non-swap :
mkfs.ext4 /dev/sda2
Et en utilisant la commande de configuration mkswap, sur la partition Swap :
mkswap /dev/sda1
Montage automatique des partitions
Pour que les partitions précédemment créées soient montées au premier démarrage du système, commencer par le faire avec la partition système (celle avec la racine) :
mount /dev/sda2 /mnt
Puis monter aussi la partition Swap avec la commande swapon:
swapon /dev/sda1
Si le système utilise un firmware UEFI, il faut monter la partition dédiée dans le répertoire
/mnt/boot/efi :
mkdir -p /mnt/boot/efi && mount -t vfat /dev/sda1 /mnt/boot/efi
Installation du système de base
On va maintenant installer les paquets de base qui constitueront le système de base d'ArchLinux.
Pour cela, utiliser le gestionnaire de paquets intégré pacman et préciser le répertoire monté correspondant à la racine du système :
pacstrap /mnt base linux linux-firmware
Pacman va alors télécharger le noyau linux et les paquets essentiels qui y sont liés. Cette opération peut prendre un certain temps en fonction de la bande passante disponible.
Ensuite, installer les fonctions réseau d'ArchLinux :
pacstrap /mnt netctl dhcpcd
En profiter aussi pour installer les paquets facultatifs mais que l'on aura besoin au premier démarrage pour la configuration :
pacstrap /mnt nettools dnsutils nano
Configuration du système
Générer le fichier fstab :
genfstab -U -p /mnt >> /mnt/etc/fstab
Définir le répertoire racine d'ArchLinux :
arch-chroot /mnt
Renseigner le nom de la machine dans le fichier /etc/hostname (remplacer Arch-PC par le nom de la machine) :
echo Arch-PC > /etc/hostname
Renseigner le nom de la machine aussi dans le fichier /etc/hosts pour qu'elle puisse résoudre son propre nom DNS :
echo '127.0.1.1 Arch-PC.local Arch-PC' >> /etc/hosts
Créer un lien symbolique /etc/localtime afin de choisir le fuseau horaire, par exemple pour la France :
ln -sf /usr/share/zoneinfo/Europe/Paris /etc/localtime
Editer le fichier /etc/locale.gen et décommenter la ligne correspondant à la région où on se situe :
Pour éditer des fichiers textes, on peut installer le programme nano, s'il n'a pas déja été installé avant :
pacman -S nano
Ajouter le nom de la région que l'on vient de décommenter au fichier /etc/locale.conf :
echo LANG="fr_FR.UTF-8" > /etc/locale.conf
Editer le fichier /etc/vconsole.conf afin d'y spécifier disposition du clavier à utiliser :
echo KEYMAP=fr > /etc/vconsole.conf
Configurer les RAMdisks initiaux avec :
mkinitcpio -p linux
Et enfin, attribuer un mot de passe à root :
passwd
Le système est presque prêt ! Il faut encore configurer le bootloader pour pouvoir le démarrer.
Configurer le bootloader
Dernière étape, afin que le système que l'on vient de paramètrer puisse démarrer, il faut configurer le bootloader.
D'abord, installer le paquet grub qui servira de bootloader :
pacman -S grub
Utiliser la commande suivante pour installer le système GRUB sur le disque /dev/sda :
grub-install --target=i386-pc --no-floppy --recheck /dev/sda
Puis générer le fichier de configuration de GRUB :
grub-mkconfig -o /boot/grub/grub.cfg
Le bootloader est prêt !
Premier démarrage
Avant de redémarrer, quitter le mode chrooté en faisant la commande exit ou le raccourci clavier CTRL+D, puis démonter le système de fichiers d'ArchLinux :
umount -R /mnt
Puis redémarrer le système :
reboot
Si le système plante au redémarrage, c'est normal, éteindre la machine et la rallumer manuellement.
Il faut maintenant configurer les interfaces réseau : Voir ce tutoriel
Pour simplement obtenir une adresse IP via DHCP, de façon temporaire :
dhcpcd enp0s3
Mettre à jour la liste des paquets disponibles une fois connecté à Internet :
pacman -Sy
Installation d'une interface graphique
Il existe des centaines d'interfaces graphiques différentes pour ArchLinux, telles que :
- KDE ⇒ Installer KDE Plasma 5
- Gnome
- Unity
- XFCE
- Et bien d'autres
Le mieux est de les comparer puis de choisir la plus appropriée.
Création d'un utilisateur
Ajouter un utilisateur (remplacer groupe et utilisateur par le nom du groupe auquel ajouter l'utilisateur et le nom de l'utilisateur a créer) :
useradd -m -G groupe utilisateur
Le groupe principal est facultatif.
Puis lui affecter un mot de passe :
passd utilisateur
Et le renseigner. Valider avec ENTREE.
Privilèges d'administration
Pour que l'utilisateur ait tous les droits, il faut installer le paquet sudo et ajouter l'utilisateur au groupe wheel avec la commande suivante :
gpasswd -a utilisateur wheel
Enfin, à chaque commande demandant des privilèges, il faudra ajouter la commande sudo devant.
Explorateur de fichiers et terminal
Attention ! En fonction de l'interface graphique, l'explorateur de fichier et le terminal ne sont pas toujours fournis par défaut.
Pour cela, il existe deux explorateurs de fichiers connus : Dolphin et Konqueror. A vous de choisir celui que vous préférez des deux, ou un autre !
Pareil pour le terminal, il existe par exemple Konsole, rxvt ou xterm. Bon choix !






